Logo de la FCSII
2 décembre 2020

Les gouvernements doivent mettre à jour leurs directives pour les travailleurs de la santé afin de tenir compte de la science sur la transmission du COVID-19 – et réagir en conséquence

Coronavirus
covid19

Le 2 décembre, la lettre suivante a été envoyée à des ministres provinciaux de la Santé par les leaders de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers, et les leaders des syndicats infirmiers de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta.

Monsieur (madame) le (la) ministre,

Une intervention urgente de votre part est requise – Les gouvernements doivent mettre à jour leurs directives pour les travailleurs de la santé afin de tenir compte de la science sur la transmission du COVID-19 – et réagir en conséquence

Depuis mars 2020, lorsque l’éclosion de COVID-19 a été déclarée pandémie, nous en avons appris beaucoup au sujet du virus. Récemment, les scientifiques au sein de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) ont confirmé qu’une des principales voies de transmission du COVID-19 est par aérosols projetés à une distance rapprochée (6 pieds ou moins) lorsqu’une personne « tousse, éternue, chante, crie ou parle ». Cela représente un risque particulier en l’absence de mesures de ventilation adéquates dans des espaces fermés où il y a des personnes infectées car les particules d’aérosols infectieux peuvent être « en suspension dans l’air » et leur concentration peut augmenter avec le temps.

Dans ses nouvelles directives, l’ASPC précise : « La taille des gouttelettes est variable, allant de grosses gouttelettes qui tombent rapidement au sol (en quelques secondes ou minutes) près de la personne infectée, à des gouttelettes plus petites, parfois appelées aérosols, qui restent dans l’air dans certaines circonstances. Les gouttelettes ou aérosols infectieux peuvent… être inhalés dans le nez, la bouche, les voies respiratoires et les poumons. »

Au sein des établissements de santé, les directives actuelles précisent que lorsqu’il y a possibilité d’inhaler des aérosols contenant le virus COVID-19 (SARS-CoV-2), une protection des voies respiratoires est requise (N95). L’ASPC a maintenant confirmé qu’une transmission par aérosol du COVID-19 pourrait se faire dans les établissements de santé en l’absence d’interventions médicales complexes (interventions médicales générant des aérosols (IMGA))

Tenant compte des mises à jour établies selon les données scientifiques, les travailleurs de la santé courent un risque très réel d’inhaler le virus puisque leur travail leur demande d’être en contact régulier, étroit, répété et prolongé avec des patients, des résidents ou des clients présentant un cas suspect ou confirmé de COVID-19. De plus, les établissements dans lequel ils travaillent ont des chambres fermées qui pourraient ne pas être ventilées adéquatement.

Compte tenu du risque d’une transmission d’aérosols en l’absence d’IMGA, les travailleurs de la santé doivent avoir accès à une protection respiratoire (N95 soumis à un test d’ajustement) lorsqu’ils prennent soin de cas suspects ou confirmés de COVID-19. Les directives fédérales et provinciales doivent être mises à jour immédiatement et refléter ce changement. Toutefois, malgré les données, les directives fédérales et provinciales pour le contrôle et la prévention des infections chez les professionnels de la santé n’ont toujours pas été mises à jour, même un mois après la mise à jour des données scientifiques par l’ASPC.

Protéger la santé et la sécurité au travail de nos travailleurs de la santé et, par extension, de leurs patients, doit être prioritaire pour le gouvernement si nous voulons prévenir d’autres éclosions chez les travailleurs, ainsi que chez leurs patients et résidents au sein des établissements du Canada.

Monsieur le ministre, vous avez le pouvoir et pouvez faire une différence. Nous vous demandons d’agir impérativement pour assurer la mise à jour des directives pour les travailleurs de la santé et, ainsi, protéger les travailleurs et refléter les dernières données de la science.

Si nous n’agissons pas maintenant, ce que nous retiendrons de nos gouvernements sera leur échec moral et éthique pendant la COVID-19, et pour lequel ils devront rendre compte.

Veuillez agréer, Monsieur le ministre, nos sincères salutations.

Linda Silas, présidente
Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers

Debbie Forward, présidente
Syndicat des infirmières et infirmiers autorisés de Terre-Neuve-et-Labrador

Janet Hazelton, présidente
Syndicat des infirmières et des infirmiers de la Nouvelle-Écosse

Paula Doucet, présidente
Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick

Barbara Brookins, présidente
Syndicat des infirmières et des infirmiers de l’Île-du-Prince-Édouard

Vicki McKenna, présidente
Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario

Darlene Jackson, présidente
Syndicat des infirmières et des infirmiers du Manitoba

Tracy Zambory, présidente
Syndicat des infirmières et des infirmiers de la Saskatchewan

Heather Smith, présidente
Infirmières et infirmiers unis de l’Alberta