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7 avril 2021

Pourquoi le personnel infirmier presse la population canadienne à se faire vacciner contre la COVID-19

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Cette page en regard de l’éditorial a été publiée le 7 avril 2021 sur Healthy Debate.

Pourquoi le personnel infirmier presse la population canadienne à se faire vacciner contre la COVID-19

Par Linda Silas

Aujourd’hui, la plus grande organisation infirmière au Canada a posé un geste inhabituel, soit lancer une campagne nationale pour encourager le public à se faire vacciner contre la COVID-19.

Les cas de COVID-19 ne sont pas seulement des chiffres dans les bulletins de nouvelles : ce sont des patients que les infirmières et les infirmiers voient devenir de plus en plus malade à chaque jour, et plusieurs meurent. Le nombre de patients dans les hôpitaux canadiens et les unités de soins intensifs atteint des sommets pendant que les travailleurs de la santé sont à leur point de rupture.

Malgré cette réalité, les sondages indiquent qu’un pourcentage important de la population canadienne hésite à se faire vacciner, ce qui représente un problème majeur. Or, au cœur d’une pandémie, caractérisée par l’imprévisibilité, les prévisions, et la mésinformation, ce n’est probablement pas surprenant.

Afin d’aider à dissiper les mythes et la méfiance envers les vaccins, la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers a lancé une campagne fondée sur les faits et guidée par l’empathie. La campagne comprend un message enjoué d’intérêt public, de la publicité dans les médias sociaux, et un site Web où le public peut avoir accès à des informations, s’engager à se faire vacciner, et partager facilement avec les amis et la famille.

En qualité d’infirmières et d’infirmiers, nous croyons que chaque personne devrait connaître les avantages et les risques potentiels de l’immunisation grâce à des informations fiables. Nous savons que les vaccins administrés au Canada sont sûrs, ont fait l’objet d’essais cliniques, et représentent ce que nous avons de mieux pour sortir de cette pandémie et reprendre les activités mises en veilleuse pendant un an, par exemple voir nos être chers.

L’histoire nous a démontré que les efforts pour assurer le succès d’une campagne de vaccination peuvent vaincre les virus.

Il y a cinquante ans, les vaccins ont joué un rôle essentiel pour éradiquer la polio en Occident. La polio était connue sous le nom de « paralysie infantile » parce que le virus pouvait endommager de façon permanente les cellules nerveuses contrôlant les muscles. La polio a frappé des milliers de personnes au Canada et représentait la plus grave épidémie au Canada depuis la pandémie d’influenza en 1918.

L’absence de polio au Canada a été finalement confirmée en 1994. La maladie a été éradiquée au début des années 1970 grâce à l’utilisation à grande échelle du vaccin Salk, créé en 1955, et du vaccin oral Sabin, créé en 1962. La dernière épidémie majeure de polio au Canada est survenue en 1959.

Comme la polio, la COVID-19 est une nouvelle maladie dont on connaissait peu de choses il y a un an seulement. En une très courte période, nous avons développé des vaccins qui se sont révélés efficaces lors d’essais cliniques auxquels des dizaines de milliers de personnes ont participé. Les essais cliniques ont indiqué des taux élevés de protection avec peu, ou pas, d’effets indésirables graves. Malgré les échéanciers serrés, les vaccins contre la COVID-19 ont fait l’objet de tests rigoureux pour assurer leur sécurité.

Depuis, les résultats de l’immunisation dans le monde entier sont suivis de près. Les données liées aux situations réelles confirment les résultats des essais cliniques initiaux. Dans les pays où une grande proportion de la population a été vaccinée, les cas de COVID-19 diminuent de façon générale. Au Canada, dans le secteur des soins de longue durée, où la vaccination a été prioritaire, nous observons maintenant une chute importante du nombre de décès.

Le taux d’efficacité de chaque vaccin varie mais, ultimement, l’important c’est que tous les vaccins diminuent substantiellement le risque de maladies graves, d’hospitalisations, et de décès.

Contrairement à ce que peuvent suggérer de gros titres accrocheurs, il y a eu très peu de réactions indésirables aux vaccins approuvés au Canada jusqu’à maintenant. Le Comité consultatif national de l’immunisation et Santé Canada continent de suivre de près les nouveaux vaccins et à mettre à jour leurs directives en se basant sur les données probantes.

Au moment de distribuer les vaccins au Canada, nous sommes dans la course contre les variants inquiétants, particulièrement le variant B117, identifié pour la première fois au R.-U. Le B117 est actuellement le variant le plus commun au Canada et il est en train de rapidement devenir la souche dominante dans plusieurs régions. Il est plus transmissible et peut causer des infections plus graves que la souche originale. Non contrôlée, cette souche a le potentiel de mener à l’hôpital ou de tuer davantage de personnes, y compris ceux et celles dans la trentaine, la quarantaine et la cinquantaine.

Un avenir sans COVID est à notre portée, un avenir où on peut se faire des câlins en toute sécurité et où nous n’avons plus à cacher nos sourires derrière un masque. Toutefois, pour y arriver, il faudra qu’une portion importante de la population canadienne – environ 75 à 90 pour cent – se fasse vacciner.

Comme pour la polio, il faudra un effort concerté pour vaincre la COVID-19. Il nous revient de trouver les informations crédibles et fiables au sujet des vaccins contre la COVID-19 et, ainsi, faire un choix éclairé.

Ensemble, nous pouvons vaincre la COVID-19 et reprendre nos vies régulières. Il suffit de trois étapes : s’informer pour savoir quand ce sera son tour, se faire vacciner, et partager cette information avec les amis et la famille.

Je vous encourage tous et toutes à visiter le site Web de la campagne, Faites Nous Confiance, pour en savoir davantage.

Linda Silas est présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers et ancienne infirmière aux soins intensifs.