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13 mars 2020

Énoncé conjoint : La sécurité n’est pas négociable pour personne – y compris les travailleurs de la santé

Coronavirus
covid19

Vous trouverez ci-après un énoncé commun émis aujourd’hui par le Congrès du travail du Canada (CTC), la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers (FCSII), le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), UNIFOR, le Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP) et Service Employees International Union (SEIU).

En tant qu’organisations syndicales représentant près d’un million de travailleurs de la santé, nous demandons à l’Agence de la santé publique du Canada et à tous les bureaux de santé publique provinciaux de protéger les travailleurs de la santé ainsi que leurs patients lors de la pandémie de COVID-19. De plus, nous conseillons vivement aux décideurs de se soumettre aux principes de précaution qui nécessitent des mesures raisonnables de protection lorsqu’un virus est marqué par l’incertitude scientifique.

Notre système de santé fonctionne déjà au-dessus de sa capacité; nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de miner encore plus les effectifs en personnel si des travailleurs de la santé deviennent malades et doivent s’isoler volontairement en quarantaine. Il est par conséquent impératif que nous protégions les travailleurs de la santé afin qu’ils continuent d’offrir des soins sécuritaires et efficaces.

Aux ministres de la Santé et aux employeurs du secteur de la santé, nous disons : cette responsabilité vous incombe. Pour enrayer la transmission de la COVID-19, les travailleurs de la santé doivent être équipés d’un équipement de protection individuelle approprié ayant fait l’objet d’un essai d’ajustement. Les employeurs doivent offrir la formation et le soutien nécessaires, en plus de mandater des évaluations du risque au point de service permettant aux travailleurs de la santé d’évaluer leur propre risque et d’agir en conséquence.

Dans sa plus récente mise à jour concernant la COVID-19, le Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis indique que la science demeure incertaine quant à la façon dont le virus se transmet :

« Les gouttelettes [respiratoires] peuvent se poser dans la bouche, le nez ou les yeux des personnes à proximité ou elles peuvent être inhalées dans les poumons des personnes tout près. Il est actuellement incertain si les petites particules respirables, parfois appelées aérosols ou noyaux de gouttelettes, contribuent à la transmission à proximité immédiate. »

En outre, une étude récente, en attente d’être révisée par des pairs, et menée par des scientifiques de l’Université Princeton, de l’Université de la Californie – Los Angeles et du National Institutes of Health (NIH), publiée en ligne mercredi, suggère que le virus pourrait également être transmis par voie aérienne (aérosols) ou par le contact avec des objets physiques. Les chercheurs indiquent que « le virus peut demeurer viable en aérosols durant plusieurs heures et, sur les surfaces, durant des jours. »

À la lumière des données scientifiques contradictoires sur la façon dont le virus se transmet, nous devons, par prudence, nous soumettre aux principes de précaution.

Un récent avis juridique publié par le renommé cabinet canadien d’avocats Osler, Hoskin & Harcourt LLP explique clairement que les hôpitaux doivent s’en remettre à « une obligation élevée de mesures de précaution » (qui incluraient des précautions contre la transmission par gouttelettes, contact et voie aérienne, comme dans d’autres juridictions internationales). Compte tenu de l’incertitude scientifique actuelle, le cabinet met les hôpitaux en garde afin qu’ils passent en revue leurs plans en cas de pandémie pour que ces derniers « reflètent les leçons juridiques tirées de l’éclosion de SRAS, y compris du rapport final de la commission sur le SRAS ».

S’il existe une pénurie d’équipements de protection individuelle, les leaders syndicaux peuvent travailler avec les gouvernements et les autorités sanitaires pour mettre en œuvre des stratégies axées sur la réduction aux expositions dangereuses pour préserver la sécurité des travailleurs de la santé de première ligne.

Au cours de la présente pandémie, nos membres travailleront — ils prennent soin des Canadiens et mettent leur vie en jeu pour aider à contenir la propagation de la COVID-19.

La force de notre système de santé repose sur nos médecins, infirmières et infirmiers, professionnels en sciences de la santé, travailleurs alliés de la santé, personnel en SMU, préposés aux services de soutien à la personne, travailleurs des services de développement, aides en soins de santé, préposés aux bénéficiaires, préposés à l’entretien, travailleurs des services alimentaires et autres afin qu’ils soignent et prennent soin des patients tout en préservant la sécurité du grand public, ils doivent être protégés.

Depuis le début de cette pandémie, les syndicats représentant les travailleurs du secteur de la santé enjoignent aux gouvernements fédéraux et provinciaux ainsi qu’aux employeurs en soins de santé de pécher par excès de prudence, mieux vaut prévenir que guérir. Nous nous rangeons du côté des principes de précaution, une leçon clé tirée de l’épidémie de SRAS, et nous nous attendons à ce que les gouvernements et les employeurs en fassent de même.

La sécurité n’est pas négociable!

Hassan Yussuff, président, Congrès du travail du Canada (CTC)
Linda Silas, President, présidente, Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers (FCSII)
Mark Hancock, président, Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)
Sharleen Stewart, President, Service Employees International Union (SEIU)
Larry Brown, président, Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP)
Jerry Dias , président, Unifor

Pour en savoir plus, veuillez contacter :

Relations avec les médias du CTC : media@clcctc.ca, 613-526-7426
FCSII, agent aux communications : Ben René, 613-406-5962
Relations avec les médias du SCFP : Philippe Gagnon, 613-894-0146
Représentant national du SNEGSP : Anil Naidoo, 613-986-5409
Relations avec les médias du SEIU : 202-730-7162
Unifor: communications@unifor.org, 416-497-4110