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7 mai 2021

Il faut que le Canada appuie la dérogation temporaire à l’Accord ADPIC

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Le 6 mai, Linda Silas, présidente de la FCSII, a écrit au premier ministre Trudeau, à la ministre Ng et à l’ambassadeur de Boer pour appuyer la dérogation temporaire à l’Accord ADPIC.

Le très honorable Justin Trudeau, premier ministre du Canada
L’honorable Mary Ng, ministre de la Petite Entreprise, de la Promotion des exportations et du Commerce international
Stephen de Boer, ambassadeur du Canada et représentant permanent de l’Organisation mondiale du commerce

Monsieur le premier ministre Trudeau, ministre Ng et ambassadeur de Boer,

Au nom des infirmières et des infirmiers du Canada, je vous écris pour presser le gouvernement du Canada à appuyer la dérogation temporaire à l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent le commerce (ADPIC), présentée devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Cette lettre fait suite à d’autres demandes, dont une, le 9 mars, à l’ambassadeur de Boer, et une, le 10 mars, au premier ministre Trudeau comprise dans une lettre conjointe.

Vous savez très bien que la seule façon de se sortir de cette pandémie mondiale est d’assurer l’accès, en temps opportun, à un vaccin au plus grand nombre possible de personnes. En permettant la dérogation temporaire, les états membres de l’OMC n’auraient pas à accorder de brevets ou autres droits de propriété intellectuelle, ni de les mettre en application, par rapport aux médicaments, vaccins, équipements médicaux et autres technologies en lien avec la COVID-19.

Nous étions ravis de voir le président américain Joe Biden changer de cap par rapport à cet enjeu en déclarant le soutien de son pays à une dérogation temporaire de l’ADPIC, et de voir sa volonté à négocier les conditions auprès de l’OMC. Il incombe maintenant au Canada d’appuyer cette dérogation temporaire et d’utiliser ses relations diplomatiques pour encourager nos alliés à faire de même. Déjà, cette proposition a reçu l’approbation officielle de 58 gouvernements parrains, avec plus de 100 pays en appui.

Les infirmières et les infirmiers du monde entier ont été aux premières lignes de cette pandémie et témoins de souffrances et de décès inimaginables. Le Conseil international des infirmières signale des blessures de stress posttraumatique chez le personnel infirmier du monde entier et met en garde par rapport à la viabilité de la main-d’œuvre infirmière et de la profession infirmière dans les générations à venir.

En qualité d’infirmières et d’infirmiers, nous savons que les vaccins sauvent des vies et que nous avons une responsabilité morale et professionnelle de lutter pour les patients du monde entier qui vont mourir inutilement sans accès rapide aux vaccins et autres technologies médicales importantes. Faisant partie des pays les plus riches au monde, le Canada a aussi la responsabilité morale d’agir et de sauver des vies.

Les compagnies pharmaceutiques ont reçu plus de cent milliards de dollars de l’argent des contribuables pour développer les vaccins pour lesquels ils détiennent la propriété intellectuelle. Dans le cadre de l’Accord ADPIC, elles peuvent facturer des coûts exorbitants aux pays à faible revenu, inhibant ainsi la concurrence des génériques qui permettraient l’accès, à coût abordable, aux vaccins pour des centaines de millions de personnes.

Tant que nous ne serons pas tous à l’abri, aucun de nous ne le sera vraiment. C’est pourquoi je demande au gouvernement du Canada d’appuyer cette dérogation et d’exercer un leadership sur la scène mondiale par rapport à cet enjeu.

Veuillez agréer, Monsieur le premier ministre Trudeau, ministre Ng et ambassadeur de Boer, mes salutations sincères.

Linda Silas, présidente de la FCSII