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30 avril 2026

Mme Silas : Au LHSC, nous avons besoin de plus d’infirmières et infirmiers, pas moins

Mme Silas : Au LHSC, nous avons besoin de plus d’infirmières et infirmiers, pas moins

Le LHSC prévoit de supprimer 288 postes d’infirmières et infirmiers autorisés, réduisant ainsi les soins dispensés par les inf. aut. de plus de 560 000 heures chaque année

Cette lettre d’opinion a été initialement publiée par The London Free Press le 25 avril 2026 (en anglais).

La ministre de la Santé de l’Ontario Sylvia Jones devrait savoir que les infirmières et infirmiers de l’Ontario travaillent à contre-courant pour offrir des soins de haute qualité en temps opportun, et qu’ils sont trop souvent chargés d’en faire plus avec moins de ressources.

Dans l’ensemble du système de soins de santé, 71 % des infirmières et infirmiers qui ont répondu à un sondage national mené au début de 2026 par Viewpoints Research au nom de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers signalent régulièrement une surcapacité de travail, soit des conditions de travail qui compromettent la sécurité des patients et du personnel infirmier.

C’est dans ce contexte que le London Health Sciences Centre (LHSC) prévoit supprimer 288 infirmières et infirmiers autorisés, réduisant ainsi les soins dispensés par les inf. aut. de plus de 560 000 heures chaque année. En même temps, les responsables de l’hôpital disent qu’ils prévoient embaucher 108 infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés. Il va sans dire que les professionnels de la santé ne sont pas interchangeables.

Le LHSC fait partie de l’Association des hôpitaux de l’Ontario, qui a fait pression pour obtenir une augmentation du financement de quatre pour cent afin de maintenir les opérations hospitalières. Cette augmentation a été annoncée dans le cadre du budget provincial de l’Ontario ce printemps, mais la survie de centaines de postes d’inf. aut. est menacée.

La décision de supprimer des postes d’infirmières/infirmiers et d’ajouter des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés est une excellente façon de dresser le personnel infirmier les uns contre les autres et pousse ceux et celles qui sont encore en première ligne à travailler encore plus en surcapacité.

En fait, plus de 700 postes d’infirmières/infirmiers de première ligne et de travailleurs de la santé ont été supprimés dans la province depuis janvier 2025, indique l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario. Les résultats des compressions sont prévisibles : des attentes plus longues pour les patients, des charges de travail dangereuses pour les travailleurs de la santé et un accès réduit aux soins.

Bien que la pénurie de personnel infirmier ait une incidence sur l’accès aux soins partout au pays, la réalité est que l’Ontario a déjà les pires niveaux de dotation en personnel infirmier par habitant au Canada. Nous avons besoin de plus d’infirmières et infirmiers, pas moins. Ignorer cette réalité revient à dire que le gouvernement de l’Ontario fait l’autruche.

Des provinces comme la Colombie-Britannique, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse travaillent à la mise en œuvre de ratios minimums infirmières-patients sécuritaires. Alors, pourquoi le gouvernement de l’Ontario a-t-il activement repoussé ce modèle de dotation qui sauve des vies au cours de la dernière ronde de négociations collectives? Cette décision va directement à l’encontre de ce que la ministre Jones dit être son objectif : avoir de solides ressources humaines en santé et offrir des soins de haute qualité aux Ontariens.

Les patients de l’Ontario méritent mieux. Nous avons besoin de toutes les ressources disponibles à tous les niveaux d’expertise en soins de santé pour répondre aux besoins des patients, qui paient le prix ultime lorsque les travailleurs de la santé de première ligne sont confrontés à des compressions au nom de l’épargne. En matière de soins de santé, les décisions en matière de dotation doivent être prises en fonction de soins sécuritaires et de qualité, et non en fonction des résultats financiers.

Ça suffit les licenciements. Arrêtons de dresser le personnel infirmier les uns contre les autres. Il est temps pour le gouvernement de l’Ontario d’arrêter de faire l’autruche et de prendre les mesures nécessaires pour les patients.